Floria.—Mais parlez donc, répondez donc!

Mario.—Laisse-moi parler!... Je l'ai vue ici, une seule fois, hier, par hasard?

Floria.—Oh! par hasard!... fait hasard est admirable!

Mario.—Par hasard!... Elle est entrée tandis que j'étais à peindre; elle s'est agenouillée là, comme toi. A fait sa prière, comme toi. Et, avec ses grands yeux de pervenche levés au ciel... et ses beaux cheveux blonds!...

Floria.—Ses beaux cheveux, c'est bien cela!...

Mario, continuant tranquillement.—Dorés encore par le soleil couchant, elle était si parfaitement la Madeleine rêvée qu'en trois coups de pinceau je l'ai fixée là, sans qu'elle s'en soit doutée et que je lui aie même adressé la parole.

Floria.—Et pourquoi cette femme, je vous prie, et pas moi?... Je ne ferais pas une Madeleine aussi dorée qu'elle?

Mario, gaiement.—Ah! bien là, franchement, tu n'as pas l'air d'une sainte, surtout en ce moment.

Floria.—Et elle donc?... Ah! elle est bonne la marquise, avec son auréole!... Une farceuse qui trompe son mari et se promène partout avec son amant!...

Mario.—Pardon!... Ce n'est pas mi amant; mais un sigisbée, accepté comme tel, par tout le monde, et par le mari lui-même... Donc, il n'est pas trompé.