Scarpia, à Floria.—Un courrier! Une lettre du général Mêlas.

Pendant ce temps, l'aide de camp remet la lettre du prince d'Aragon qui se lève et, s'inclinant, la remet à la reine.

Floria, à elle-même.—Ah! mon Dieu! Encore un retard!... Elle ne peut pas la lire plus tard sa lettre?

Scarpia, la calmant.—D'un général victorieux!... Chut! allons...

Floria hausse l'épaule et remonte vers Paisiello en tordant son mouchoir. La reine se lève, tous se lèvent. Profond silence.

Marie-Caroline.—Ceci, messieurs, vient bien à point pour le couronnement de la fête. C'est une lettre du général Mêlas qui m'envoie de nouveaux détails sur son triomphe. (Murmures de satisfaction. Marie-Caroline rompant le cachet.) Je ne veux céder à personne le plaisir de nous faire connaître ce bulletin de victoire. Je vous le lirai moi-même.

Tous font un mouvement pour se rapprocher d'elle à distance respectueuse. Vivats, acclamations, sur la place.

Attavanti, ravi.—Entendez-vous?

Scarpia, à mi-voix, au milieu.—Ils ont vu le courrier, ils applaudissent!

Marie-Caroline, qui, pendant ce temps, a déplié la lettre, la lit.—D'Alexandrie, minuit du 14 au 15 juin. (Profond silence.) Madame. A la chute du jour, l'ennemi, renforcé d'une nouvelle armée, après un combat livré dans les mêmes plaines de Marengo, pendant une grande partie de la nuit a battu nos troupes...