—Louise seule, ou à peu près, persistait à espérer... Son coeur, revenu tout entier aux chastes élans du premier amour, se refusait à accepter l'idée d'une séparation éternelle... Quelque chose lui disait qu'elle reverrait Gustave et que, régénérée par l'expiation, elle pourrait arracher de l'âme endolorie du jeune homme le dard que sa trahison y avait planté.
Pourtant, jusqu'à ce jour, rien n'était venu donner raison à cette voix intérieure, et, si tenace que fût l'espérance, de la pauvre fille, elle subsistait malgré elle la froide influence de la désillusion.
Et voilà que tout à coup, sans préparation, elle apprenait, que, non-seulement Gustave était vivant, mais encore qu'il était à Québec et que son frère l'avait vu!...
On conçoit donc l'émotion indescriptible qui s'empara d'elle.
Après une minute d'un silence anxieux, que le Caboulot respecta, Louise reprit, d'une voix tremblante:
—Ainsi, tu l'as vu?
—Comme je te vois.
—Et tu lui as parlé?
—Il y a deux mois que je lui parle tous les jours sans le connaître.
—Il est donc bien changé?