Il n'est que temps, mon cher Després, car le pouvoir de ce coquin s'affermit de jour en jour.
—Bah! laisse-moi faire: nous avons encore quatre grandes journées devant nous, et c'est plus qu'il m'en faut pour charger la mine qui fera tout sauter.
—Que comptes-tu faire à ton entrée en campagne?
—Mais pas grand'chose, mon cher. Je compte aller tout bonnement me promener à la Canardière. Ta tante possède un fort joli parc, et j'ai l'intention d'y aller herboriser.
—Oui, je comprends... et, tout en herborisant, tu feras nos petites affaires.
—Précisément, mon cher. Tu peux t'en rapporter à moi: une fois dans le coeur de la place, je mènerai rondement les choses. Ce n'est pas pour rien que je suis allé jusqu'aux États-Unis relancer le misérable qui m'a envoyé au pénitencier; ce n'est pas pour rien, non plus, que j'attends depuis de longues années le moment où je pourrai broyer cette canaille sous mon talon...
—L'heure approche; elle va sonner... le Roi des Étudiants entre en campagne!
—Vive le Roi des Étudiants! avait dit Champfort, en prenant congé.
—A demain, avait répondu Després. Il y aura probablement du nouveau.
Et Champfort était parti, laissant Després débrouiller seul les fils de sa trame.