C'est que le Roi des Étudiants n'était plus ce jeune homme riche seulement d'illusions que nous avons connu à Saint-Monat. Un de ses oncles, célibataires, avait eu, deux années auparavant, le bon esprit de coucher Gustave sur son testament, et la non moins bonne idée de partir pour un monde meilleur.

Or, ce respectable vieux garçon laissait après lui, outre les regrets de rigueur, une petite fortune assez rondelette, que Després empocha sans se faire prier le moins du monde.

Et voilà comment il se faisait que le Roi des Étudiants pouvait loger sous des lambris décents, et tenir tête aux exigences de la haute dignité dont l'avait revêtu ses confrères.

Le 22 juin de l'année 186..., juste au lendemain de la scène à laquelle nous venons d'assister entre le Caboulot et sa soeur, Gustave Després fumait sa pipe, nonchalamment étendu dans son hamac.

Il était environ trois heures de l'après-midi.

Le Roi des Étudiants venait de rentrer du cours, et, à moitié perdu dans un nuage de fumée, il paraissait réfléchir profondément.

Quelques heures auparavant, il avait eu avec Champfort une longue conférence, qui s'était terminée par le dialogue suivant:

—Ainsi, Paul, tu ne crois pas qu'il aille ce soir à la Folie-Privat?

—Edmond, qui l'a vu tout à l'heure, doit remettre à ma tante une lettre de Lapierre, dans laquelle il s'excuse de ne pouvoir se rendre aujourd'hui à la Canardière.

—Ah! voilà qui ne laisse aucun doute. Dans ce cas, je vais commencer de suite mes petites combinaisons.