—Maintenant, continua-t-il, voulez-vous avoir assez de confiance en moi pour me dire si, en cas de malheur financier arrivé à ce pauvre père que vous regrettez tant, vous seriez fille à sacrifier la fortune qui vous revient pour combler le déficit?...

—Sans hésiter une seconde, répondit Laure avec fermeté.

—Et même à sacrifier le bonheur de toute votre vie?... poursuivit Després.

—Mon bonheur à moi ne peut être mis en comparaison avec la mémoire honorée de mon père, répondit Laure d'une voix émue.

Després s'inclina.

—Mademoiselle, dit-il, je savais votre âme grande et noble; mais, maintenant, je la sais bonne et chevaleresque... Ma tâche en sera plus facile...J'ai des choses infiniment délicates à traiter avec vous; j'ai des souvenirs bien amers à réveiller... j'ai même des plaies cuisantes à rouvrir. Mais votre courage et la confiance que vous semblez avoir en moi me soutiennent... Vous venez au-devant du salut: l'oeuvre de rédemption me sera plus légère.

Laure était émue et ses grands yeux noirs demeuraient constamment fixés sur la sympathique figure du Roi des Étudiants.

Després continua:

—Vous ignorez probablement, mademoiselle, quel but je poursuis en venant ainsi m'immiscer dans les affaires qui, au premier abord, semblent ne pas me concerner le moins du monde.

—Je vous avoue que je ne saurais deviner...