—Signez, monsieur, dit-il.
Lapierre signa d'une main fiévreuse. Puis, se levant, il attendit, tout en présentant la plume au notaire.
—A la future épouse, maintenant! reprit l'homme de loi. Passez la plume à votre fiancée, monsieur.
Lapierre se tourna vers Laure et attendit, tenant toujours la plume.
Mais, comme la jeune fille hésitait, tournant désespérément son regard vers la porte d'entrée, madame Privat intervint.
—Eh bien! Laure, que fais-tu donc? dît-elle avec une certaine impatience; ne vois-tu pas que tu fais attendre ces messieurs?
—J'y vais, ma mère! répondit tranquillement la jeune créole.
Et, plus blanche que le papier sur lequel elle allait inscrire son nom, plus froide que la table de marbre qui servait de bureau, elle s'avança silencieuse et résignée.
Lapierre, fort pâle lui-même, s'empressa de lui présenter la fatale plume.
La victime se mit en devoir de signer sa condamnation...