Cette métamorphose avantageuse réveilla les estomacs assoupis et fit taire toutes les répugnances.
On se unit résolument à l'oeuvre pour organiser un repas sérieux.
Mais, ici, une difficulté imprévue se présenta: Comment faire du feu!
Personne n'avait d'allumette ni du pierre à fusil.
D'ailleurs, en supposant même qu'on pût se procurer du feu, de quelle façon l'utiliser pour cuire le morceau de venaison destiné au festin?...
Ce fut encore le petit sauvage qui tira nos amis d'embarras.
Il se mit à fouiller partout, dans les environs, jusqu'à ce qu'il eut trouvé un éclat de bois de cèdre, dans le centre duquel il pratiqua un trou, avec la pointe de son couteau. Partant de ce trou, il creusa une petite rainure, qui s'en éloignait de quelques pouces et qu'il bourra de mousse, bien sèche, saupoudrée de charbon de bois écrasé, emprunté à une souche du voisinage.
Ayant alors confectionné une légère baguette de cèdre, effilée à l'un de ses bouts, il en introduisit la pointe dans le trou qu'il venait de faire et se mit à la tourner aussi rapidement que possible entre les paumes de ses mains....
Quelques étincelles jaillirent bientôt, qui enflammèrent la mousse et le charbon....