Et il courut au hangar, suivi de Suzanne.
On trouva aisément quelques bûches rondes, que l'on transporta rivage.
Les deux rames ayant été étendues parallèlement sous le fond plat du chaland on glissa un des rouleaux sous la quille, aussi loin que possible; puis on disposa les autres à quelque distance en avant.
De cette façon, on réussit, sans trop de peine, à mettre l'embarcation à flot.
Puis Wapwi, muni d'une rame, sauta dedans, en criant à Suzanne, partagée entre le désir de sauver son fiancé et l'horreur qu'elle ressentait en face de cette mer en furie:
—Laisse-moi aller seul, petite mère!.... Le vent porte sur l'îlot et je n'ai qu'à conduire.... Une femme ne ferait qu'augmenter lu danger, vois-tu!....
Suzanne se rendit à ce raisonnement et ne put que dire:
—Va ou Dieu te mène, cher enfant. Je vais prier, moi!
Le chaland quitta la rive et disparut bientôt, entraîné par la tempête, qui faisait rage.
En moins de dix minutes, il se trouva en vue de l'îlot,—ou plutôt de ce qui pouvait rester de l'îlot,—car la mer était presque haute.