Debout à l'arrière du chaland, une rame à la main pour la guider, Wapwi plongeait ses yeux subtils au sein du brouillard humide, moitié ombre, moitié poussière d'eau, que le vent faisait rouler sur la baie.
Une fois, il crut entrevoir une forme sombre dressée sur les flots.
Donnant aussitôt un coup de rame pour y diriger l'embarcation, il regarda encore.
La forme sombre y était toujours, mais les flots la couvraient presque en entier, par moments....
Une voix lamentable sembla même arriver jusqu'à ses oreilles appelant au secours.
Alors Wapwi cria de toutes ses forces:
—Voici Wapwi!.... Tiens bon là!....
Mais, hélas! c'est tout ce qu'il peut dire....
Un violent coup de mer le jeta hors du chaland, et les lames furieuses s'emparèrent de son pauvre petit corps pour le rouler comme une épave jusqu'à plus d'un mille de distance, où elles le laissèrent sur le rivage, à moitié mort et tenant toujours sa rame dans ses mains crispées.
Wapwi, sans trop savoir ce qu'il faisait, se traîna vers la côte, sous le couvert des arbres, et tomba dans un profond assoupissement.