Et puis, quoi encore?...
Rien.... pendant dea heures, si ce n'est le balancement de l'esquif qui le portait, l'écuma des vagues l'inondant, la brise sifflant toujours....
Pendant combien de temps dura cette demi-inconscience, cet affaissement de l'âme et du corps, cette insouciance absolue de ce qui se passait dans le monde physique?....
Des heures entières, sans doute, puisque, éveillé soudain par des cris d'appel, Arthur Labarou constata, en ouvrant les yeux, que le jour naissait.
Mais d'où venaient les cris?...
D'un navire à l'ancre, sous l'étrave duquel le chaland du naufragé allait s'engager.
Des matelots, en train de virer au cabestan, avaient aperçu la petite embarcation en détresse et hélaient l'homme, endormi ou mort, qui se trouvait couché dedans.
Comme cet homme, tout en no répondant pas, semblait, tout de même avoir un reste de vie, un des mathurins, s'accrochant aux sous-barbes du beaupré, guetta le chaland au passage et s'y laissa choir.
Un grelin lui fut jeté par ses camarades, et, une minute plus tard, le naufragé, attaché solidement sous les bras, était hissé à bord.