D'où venait-il?
On ne s'en inquiéta pas.
C'était une victime de la mer, et la grande fraternité des marins n'a pas besoin des formalités d'une enquête pour secourir un camarade.
Le capitaine,—un jeune homme d'une trentaine d'années, au plus,—fit transporter l'inconnu dans sa propre cabine, où un cadre se trouvait libre, et se chargea lui-même des première soins à donner.
Après quoi, appelé à ses devoirs de commandant, il se fit remplacer par un homme de confiance.
Pendant trois jours, le naufragé fut en proie à une fièvre ardente, marmottant des phrases incohérentes, poussant des cris de détresse, appelant au secours, d'une voix navrée....
Puis le sang se tiédit, les nerfs s'apaisèrent, le sommeil vint....
Il était sauvé!
—Où suis-je? demanda-t-il au capitaine, un beau matin.
—Sur l'atlantique, fut la réponse.