Vers la fin de janvier 1853, commença le voyage de retour, en longeant la côte de Coromandel, pour s'engager dans le détroit de Manaar.
Mais, contrarié par une très grosse brise de ouest-sud-ouest, l'Albatros dut chercher refuge dans la baie de Condatchy, qui échancre le littoral ouest de l'Ile de Ceylan.
On fut là deux jours à l'ancre, un calme plat ayant succédé à la bourrasque qui avait fait rage.
Une multitude d'embarcations de toutes formes y faisaient la pêche des perles.
Pour tuer le temps, le capitaine proposa à son lieutenant, Labarou,—promu à ce grade après la mort accidentelle du titulaire, arrivée à Madras.—de tenter la fortune.
Celui-ci, plongeur émérite et pouvant rester près d'une minute sous l'eau, y consentit.
Le reste de l'équipage voulut en faire autant....
Quelle idée lumineuse, et à quoi tient la fortune!
En moins d'une demi-journée, chaque plongeur, descendu au fond de l'eau, au moyen d'une corde ayant une grosse pierre attachée à son extrémité, avait recueilli, à la barbe des requins, de pleins sacs d'huîtres, que l'on s'empressa d'ouvrir et dont plusieurs contenaient des perles, que l'on ferait examiner par les marchands du Cap, en passant.
Enfin, un bon vent d'est ayant succédé au calme, on leva l'ancre et.... en route pour l'Europe: