—Ce n'est rien, répondit le jeune Labarou, dont la figure un peu contractée par la douleur démentait les paroles.
—Mais vous saignez!.... Voyez-donc!
—Je suis un maladroit.... J'ai dérangé mon appareil.
Suzanne se leva vivement et courut à lui. Puis, a'emparant de son bras et déboutonnant avec prestesse le poignet de la chemise:
—Laissez-moi voir et tout remettre en place.
—De grâce, mademoiselle, balbutia Arthur devenu rouge comme un coquelicot, ne vous donnez pas cette peine: ce n'est qu'une égratignure que je me suis faite gauchement tout à l'heure.
—Une égratignure! goguenarda le petit Louis.... C'est-à-dire que c'est bel et bien une affreuse entaille, longue de trois ou quatre pouces.... Regarde ça, «un peu voir», Suzanne, si tu en es capable.
Suzanne ne répondit pas.
D'une main fébrile, elle releva la chemise et déroula le linge, maculé de sang, qui enveloppait le poignet d'Arthur.
Une éraflure très respectable béait à l'extrémité inférieure de l'avant-bras. Il y avait du sang coagulé dans la plaie et tout à l'entour. La pansement n'avait pas été fait avec soin.