—Et de fort bonnes gens qui avaient toujours faim, acheva la veuve.

—Exemple: Thomas Noël! glissa Thomas, avec une emphase comique.

—Oh! le sournois! fit Suzanne.... Si tu n'as que ta voracité pour te faire pousser des ailes d'ange, tes grands bras resteront longtemps déplumé».

—Bravo, Suzanne! cria Louis, buttant des mains. Voilà qui s'appelle couler proprement un homme. Attrape, espèce de baliveau.

Ceci s'adressait à Thomas, lequel répondit philosophiquement:

—Dame! si vous vous mettez deux contre moi, je n'ai plus rien à dire. Si, pourtant, un mot: pourquoi, Suzanne, m'appelles-tu sournois? Est-ce parce que, de nos deux nouveaux amis, je m'accommode mieux du moins bavard, ou, si tu veux, de celui qui ne rit jamais?

—C'est un peu pour cela, mon grand frère.... Au reste, c'est pur badinage, tu sais....

—Non, non! a'écria Louis. Pas de concession, Suzanne! Thomas est un pince-sans-rire qui ne tire pas à conséquence. Mais son copain Gaspard vous a une binette d'oiseau de proie qui ne me dit rien qui vaille. N'est-ce pas, maman?

—Le fait est qu'il est bien grave pour un jeune homme!

—C'est la timidité, peut-être.... hasarda Suzanne.