—Tu ne te trompes qu'à demi, mon enfant, répliqua-t-il gravement. Je suis heureux que les garçons puissent rendre service à nos voisins, mais mon opinion sur leur compte n'a pas changé: leur présence ici nous causera peut-être des ennuis sérieux.

—C'est bien possible, tout de même... murmura la jeune fille qui eut un rapide coup-d'oeil du côté de son voisin.

—Puis, reprenant avec vivacité:

—Quant à Wapwi, dit-elle eu riant aux éclats, parlons-en. Ce petit oiseau-là,—car c'est un vrai oiseau, bien gentil tout de même,—passe la plus grande partie de son temps sur la baie ou dans les bois, à pêcher du poisson ou colleter des lièvres.

—C'est sa manière à lui de se rendre utile, expliqua Arthur. Manques-tu de gibier ou de matelotes, depuis que nous l'avons enlevé à sa micmaque de belle-mère?

—Oh! pour ça, non. Aussi n'est-ce pas pour lui faire des reproches, le cher petit, que je me plains de ses absences continuelles. Mais s'il nous tenait un peu plus compagnie, en votre absence, les journées seraient moins longues.

—Et! bon Dieu, petite soeur, cours les bois avec mon protégé,—je lui en donne la permission; ça te distraira.

—C'est une idée, cela, Arthur! et, à moins que père et mère n'y mettent empêchement, je pourrais bien en profiter l'un de ces quatre matins....

Et, comme les «bonnes gens» ne soulevèrent aucune objection, Mimie eut bientôt fait d'organiser dans sa tête une belle et bonne reconnaissance en «pays ennemi,» c'est-à-dire du côté opposé de la baie.

IX