WAPWI SUR LE SENTIER DE.... L'AMOUR
Deux mois se sont écoulés depuis l'installation de la famille Noël sur la rive orientale de la baie.
La maison construite par les jeunes gens de la petite colonie, bien que ne présentant certes pas l'apparence d'une de ces coûteuses bonbonnières que l'on admire aux places d'eaux en vogue, offre cependant un assez joli coup d'oeil. Avec ses chevrons dépassant de plusieurs pieds l'alignement du carré, elle vous a un certain air de coquetterie agreste dont ne s'enorgueillissent pas médiocrement les ouvriers improvisés qui l'ont bâtie.
Si nous ajoutons que de ce larmier très large partent d'élégantes colonnes de fines épinettes bien écorcées, mais pas autrement travaillées, qui vont s'appuyer sur le trottoir entourant la maison, nous aurons une idée de ce que peuvent faire quatre hommes de bonne volonté, lorsque la nécessité et l'isolement leur tiennent lieu d'expérience.
Aussi n'étonnerons-nous personne en disant que les jeunesses de la colonie Kécarpouienne ont l'intime conviction d'avoir édifié un palais.
Tout est relatif en ce monde.
Aussi l'ont-ils baptisé le Chalet, sans épithète—comme s'il ne pouvait en exister d'autre dans le monde entier.
Les travaux sont donc finis....
Finie aussi, hélas!—ou, du moins, bien entravée,—cette promiscuité de toutes les heures du jour, ces coups-d'oeil échangés furtivement, ces chaudes poignées du mains données et reçues, ces rencontres fortuites... qui sont le menu du festin des amoureux!...
Ainsi le pense du moins, en son âme attristée, notre jeune ami Arthur Labarou, au moment où nous le retrouvons.