Vers la droite, à une couple d'arpents de distance, une buée de vapeurs blanches monte de l'abîme où se précipite la rivière, dans sa dernière chute, avant de mêler ses eaux à celles de la baie.
Le soleil du matin irise cette vapeur et lui prête tour à tour les nuances diverses de l'arc-en-ciel.
—Ecoute, petit, et surtout comprends-moi bien.... dit Arthur à, son compagnon, penché vers lui.
Wapwi ne répond rien; mais il s'approche davantage, et ses yeux noirs, intelligents, se fixent sur son «père» adoptif.
Celui-ci reprend, en baissant encore la voix:
—Tu vas traverser la rivière sur la passerelle et te diriger sous bois vers le Chalet. Si tu ne rencontres pas Suzanne en chemin et que les jeunes Noël ne soient pas dans les environs, approche-toi de la maison et fais en sorte que la jeune fille te voie. Comprends-tu?
Au lieu de répondre, Wapwi s'éloigne vivement, courbé en deux, fait mine de se couler au milieu du feuillage, se dissimule derrière chaque obstacle; rocher ou arbuste, et se livre à une pantomime des plus réjouissantes, s'adressant à un être imaginaire.
Puis, il revient sans, bruit, riant silencieusement.
Arthur aussi rit de bon coeur, tout en évitant d'éclater...