—Très bien, mon fils! dit-il. Mais ce n'est pas tout....

Wapwi redevient soudain sérieux comme un manitou.

—Quand tu seras parvenu à t'approcher d'elle, tu lui diras: «Petite mère Suzanne, petit père Arthur vous attend. C'est, pressé. Rejoignez-le sur le bord de la rivière, en face de la passerelle. Il sera là sur le plateau que vous connaissez, tout en haut, au milieu des rocher». Tu vois cela d'ici, tout droit.

Et le jeune Labarou montre de la main, sur l'autre rive, un escarpement assez élevé, couronné par un plateau où verdissent des masses de sapins touffus.

Wapwi fait signe qu'il a compris et n'ajoute qu'un mot:

—C'est tout?

—Oui... N'oublie pas ce qu'elle te répondra.

—Petit père sera content.

Et l'enfant, léger comme un papillon, s'élance sur la passerelle tremblante, sans éprouver l'ombre d'un vertige à l'aspect du torrent qui bondit à vingt pieds au-dessous.

Arthur demeure un instant songeur; puis, s'emparant de son fusil, compagnon inséparable de ses courses matinales dans la forêt, il traverse à son tour la passerelle et se dirige vers le rendez-vous assigné.