Arrivés sur le dos de cette intumescence, absolument dépourvue de végétation, ils s'orientèrent un instant et allaient redescendre le versant opposé, lorsqu'un coup de fusil, tiré de fort près, les cloua net sur place.
Avant même d'avoir eu l'opportunité d'échanger une parole, ils entendirent un hurlement de douleur et virent, à une couple d'arpents en face d'eux, un ours blessé qui traversait la savane, par bonds inégaux, et qui finit par se laisser choir au pied d'une souche, où il demeura immobile.
D'où portait co coup de fusil?....
Qui avait tiré?....
Les Labarou eurent à peine le temps de se poser ces questions, qu'elles étaient résolues.
Un enfant d'une douzaine d'années environ,—un pâtit sauvage, à en juger par son costume et son teint basané,—surgit des broussailles, parut examiner les traces sanglantes laissées par l'animal blessé, puis retournant aussitôt sur ses paa, il se prit à crier:
—Vite, père, y a du sang tout plein!
Un homme grand, sec, la figure osseuse et brune, parut aussitôt, tenant en main un fusil qui fumait encore.
Il échangea quelques paroles avec son fila et s'approcha avec précaution jusqu'à quelques pieds de l'endroit où, gisait l'ours.