6º Traduction d'Edward Chawner, dans les Goethe's Minor Poems, Londres, 1866, pp. 99-102: «Elegy on the Noble Wife of Assan Aga.»

What shines whitely in the green wood yonder?
Can it be snow, or is it swans, perchance?

7º Traduction de William Gibson, dans The Poems of Goethe, Londres, 1883, pp. 32-34: «The Lament of the Noble Wife of Asan Aga» (from the «Morlach»).

What so white is yonder by the greenwood?
Is it really snow, or white swans resting?

III. FRANCE.—Tandis que toutes les traductions allemandes et anglaises de la Triste ballade que nous venons d'énumérer sont en vers, de treize traductions françaises que nous connaissons, et dont nous donnons ci-dessous la nomenclature, douze sont en prose:

1º Traduction faite d'après la version italienne de Fortis, par l'anonyme qui donna l'édition française du Voyage en Dalmatie, Berne, 1778. Elle porte le titre de la «Chanson sur la mort de l'illustre épouse d'Asan-Aga[705]».

Quelle blancheur brille dans ces forêts vertes? Sont-ce des neiges, ou des cygnes? Les neiges seraient fondues aujourd'hui, et les cygnes se seraient envolés. Ce ne sont ni des neiges ni des cygnes, mais les tentes du guerrier Asan-Aga. Il y demeure blessé et se plaignant amèrement. Sa mère et sa sœur sont allées le visiter: son épouse serait venue aussi, mais la pudeur la retient.

2° Traduction de Marc Bruère, consul de France à Raguse (1770-1823), qui fut un poète serbo-croate distingué, comme il fut poète italien, français et latin[706]. Elle fut donnée en 1807 à Hugues Pouqueville, qui la publia en 1820 dans son Voyage de la Grèce sous le titre du Divorce[707]. Il nous paraît que Marc Bruère avait utilisé non seulement l'original serbo-croate (ce qui est incontestable), mais encore la traduction française que nous venons de citer. Il est possible que le poème ait subi quelques retouches de la part de Pouqueville.

Quelle blancheur dans ces vertes forêts! sont-ce des neiges ou des cygnes? Hélas! les neiges seraient fondues, les cygnes envolés. Ce ne sont ni des neiges ni des cygnes, mais les tentes d'Asan-Aga, où il demeure gémissant et blessé. Sa mère et sa sœur l'ont visité; son épouse serait venue aussi, mais la pudeur la retient.

3º Traduction de Charles Nodier, à la suite de Smarra ou les démons de la nuit, Paris, 1821, pp. 181-199: «La Femme d'Asan.» Nous avons déjà parlé de cette traduction.