Ainsi les eaux de la Kerka, après avoir Les Dalmates savent si peu ce menacé les arcs des puissants qui s'est passé depuis quinze et renversé les ponts de Roncislap, siècles, qu'ils appellent encore se répandent et se calment dans le lac les Romains les Proclian. tout-puissants.
[En note: «Les Morlaques dans leurs chansons indiquent par ce mot les anciens Romains.»]
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Quelque temps après eux, les puissants de l'Italie traversèrent la mer et parurent sur nos côtes.
Enfin, p. 167:
Nous les y suivîmes et, conduits par Il est vrai qu'ils montrent des les guerriers de la mer, nous connaissances plus modernes, en brulâmes leur flotte, nous renversâmes vous nommant, vous autres la ville et il ne resta de toutes les Anglais, les guerriers de la deux le lendemain que des cendres et mer, parce que vous avez des pierres. souvent abordé dans leurs ports.
[Note: «Le Morlaque indiquait de cette manière les Anglais.»]
Il faut noter que les cavernes ne sont et ne furent jamais «sacrées» pour les Dalmates; qu'ils n'appellent pas les Italiens «les tout-puissants», mais leur donnent des noms moins respectueux tels que «foi de chien» ou «foi de Latin»; de même que les Anglais ne sont nullement pour eux les «guerriers de la mer». Toutes ces expressions poétiques furent créées de toutes pièces par la comtesse de Rosenberg, et c'est dans les Morlaques que Mme de Staël les a prises.
Nous avons déjà dit que les ballades prétendues dalmates qui se trouvent dans les Morlaques sont de pure fabrication vénitienne; ainsi, l'appréciation qu'en donne Mme de Staël ne porte pas sur la vraie poésie serbo-croate. Mais au point de vue pratique, il importait peu qu'elles fussent authentiques: cette page avait son importance pour avoir fait mentionner, en 1807, dans un livre à grand tirage et qui eut une grande vogue, l'existence d'improvisateurs parmi les Dalmates et celle d'une poésie nationale slave qui «ressemble un peu à celle d'Ossian».
Prosper Mérimée avait-il lu cette page de Corinne? Et s'il l'avait lue, en avait-il gardé le souvenir? Il est difficile de le prétendre ou de le nier, mais il est aisé de voir, une fois de plus, que l'auteur de la Guzla n'était ni le «seul» ni le «premier» Français qui «pût trouver quelque intérêt dans ces poèmes sans art, production d'un peuple sauvage», comme le relate si candidement la spirituelle préface de la Guzla.