[336] Marc-Antoine-Gérard, sieur de Saint-Amant, né à Rouen, en 1594, ne mourut qu’en 1660, la dix-septième année du règne de Louis XIV, alors âgé de vingt-deux ans. B.

[337] Sur sa Lettre de la carpe au brochet, voyez tome XXXIX, page 241. B.

[338] Alors on était dans l’usage de retrancher, dans les vers, les lettres finales qui incommodaient; vous ête pour vous êtes. C’est ainsi qu’en usent les Italiens et les Anglais. La poésie française est trop gênée, et très souvent trop prosaïque.

[339] Voiture, valet de chambre de la reine-mère, rêvant à la fontaine de Belle eau, la reine vint par derrière, lui donna un coup sur l’épaule, et lui demanda le sujet de sa rêverie. Sur quoi il lui répondit qu’il aurait l’honneur de le lui donner par écrit à son coucher; et voici les vers qu’il fit:

Je pensois que la destinée,
Après tant d’injustes rigueurs,
Vous a justement couronnée
D’éclat, de gloire, et de grandeurs;
Mais que vous étiez plus heureuse
Lorsque tous étiez autrefois,
Je ne veux pas dire amoureuse,
La rime le veut toutefois:
Je pensois (car nous autres poëtes
Nous pensons extravagamment)
Ce que, dans l’état où vous êtes,
Vous penseriez en ce moment
Si vous voyiez dans cette place
Venir le duc de Buckingam,
Et lequel seroit en disgrace
De lui ou du père Vincent.
Je pensois que le cardinal,
J’entends celui de La Valette,
Auroit un plaisir sans égal
En voyant l’éclat où vous ête:
Je dis celui de la beauté,
Car sans lui je n’estime guère,
Cela soit dit sans vous déplaire,
Tout celui de la majesté;
Que tant de charmes, de jeunesse,
Pour vous le feroit soupirer,
Et que madame la princesse
Auroit beau s’en désespérer.
Je pensois à la plus aimable
Qui fut jadis dessous les cieux,
A l’ame la plus admirable
Que formèrent jamais les dieux,
A la ravissante merveille
De cette taille sans pareille,
A la bouche la plus vermeille,
La plus belle qu’on ait jamais;
A deux pieds gentils et bien faits
Où le temple d’amour se fonde;
A deux incomparables mains,
A qui le ciel et les destins
Ont promis le sceptre du monde;
A mille graces, mille attraits,
A cent mille charmes secrets,
A deux beaux yeux remplis de flamme
Qui rangent tout dessous leurs lois:
Devinez sur cela, madame,
Et dites à quoi je pensois.

Voltaire, dans ses Remarques sur l’épître dédicatoire de Polyeucte (voyez tome XXXV, page 276), cite quatre vers de cette pièce, qu’il dit et que je crois inédite. Cependant vingt-quatre vers, dont huit ne sont pas dans la copie que j’ai suivie, avaient été imprimés dans les Mémoires de madame de Motteville. B.

[340] Frédéric-le-Grand, roi de Prusse. B.

[341] Pascal Colasse, né en 1639, est mort en 1709. Sur Campra, voyez tome XXXVII, page 493; sur Destouches, voyez, tome XLII, l’opuscule intitulé: André Destouches à Siam. B.

[342] Sébastien Bourdon, né en 1616, mort en 1671. Moïse Valentin, né en 1600, mort en 1632. Cl.

[343] Né à Paris, en 1676; mort en 1754. Cl.