René, sire de Froulai, comte de Tessé, maréchal de France en 1712, et s’en démit en 1716.
Le chevalier d’Orléans[51], en 1716: mort en 1748. Après lui cette dignité a été réunie à l’amirauté.
MINISTRE D’ÉTAT.
Giulio Mazarini, cardinal, premier ministre, d’une ancienne famille de Sicile transplantée à Rome, fils de Pietro Mazarini et d’Hortenzia Bufalini, né en 1602; employé d’abord par le cardinal Sacchetti. Il arrêta les deux armées française et espagnole prêtes à se charger auprès de Casal, et fit conclure la paix de Quérasque, en 1631. Vice-légat à Avignon, et nonce extraordinaire en France en 1634. Il apaisa les troubles de Savoie, en 1640, en qualité d’ambassadeur extraordinaire du roi. Cardinal en 1641, à la recommandation de Louis XIII. Entièrement attaché à la France depuis ce temps-là. Admis au conseil suprême, le 5 décembre 1642, sous le nom de spécial conseiller. Il y prit place au-dessus du chancelier. Déclaré seul conseiller de la reine régente pour les affaires ecclésiastiques, par le testament de Louis XIII. Parrain de Louis XIV avec la princesse de Condé-Montmorenci. Il se désista d’abord de la préséance sur les princes du sang, que le cardinal de Richelieu avait usurpée; mais il précédait les maisons de Vendôme et de Longueville: après le traité des Pyrénées, il prit le pas en lieu tiers sur le grand Condé. Il n’eut point de lettres patentes de premier ministre, mais il en fit les fonctions. On en a expédié pour le cardinal Dubois. Philippe d’Orléans, petit-fils de France, a daigné en recevoir après sa régence. Le cardinal de Fleuri n’a jamais eu ni la patente, ni le titre. Le cardinal Mazarin, mort en 1661.
CHANCELIERS.
Charles de l’Aubespine, marquis de Châteauneuf, long-temps employé dans les ambassades. Garde des sceaux en 1630, mis en prison en 1633 au château d’Angoulême, où il resta dix ans prisonnier. Garde des sceaux en 1650, démis en 1651, vécut et mourut dans les orages de la cour. Mort en 1653.
Pierre Séguier, chancelier, duc de Villemor, pair de France. Il apaisa les troubles de la Normandie en 1639, hasarda sa vie à la journée des barricades. Il fut toujours fidèle dans un temps où c’était un mérite de ne l’être pas. Il ne contesta point au père du grand Condé la préséance dans les cérémonies, quand il y assistait avec le parlement. Homme équitable, savant, aimant les gens de lettres, il fut le protecteur de l’Académie française[52] avant que ce corps libre, composé des premiers seigneurs du royaume et des premiers écrivains, fût en état de n’avoir jamais d’autre protecteur que le roi. Mort à quatre-vingt-quatre ans, en 1672.
Matthieu Molé, premier président du parlement de Paris en 1641, garde des sceaux en 1651, magistrat juste et intrépide. Il n’est pas vrai, comme le disent deux nouveaux dictionnaires[53], que le peuple voulut l’assassiner; mais il est vrai qu’il en imposa toujours aux séditieux par son courage tranquille. Mort en 1656.
Étienne d’Aligre, chancelier en 1674, fils d’un autre Étienne, chancelier sous Louis XIII. Mort en 1677.
Michel Le Tellier, chancelier en 1677, père de l’illustre marquis de Louvois. Sa mémoire a été honorée d’une oraison funèbre par le grand Bossuet. Mort en 1685.