Félibien (André), né à Chartres en 1619. Il est le premier qui, dans les inscriptions de l’hôtel-de-ville, ait donné à Louis XIV le nom de Grand. Ses Entretiens sur la vie des peintres sont l’ouvrage qui lui a fait le plus d’honneur. Il est élégant, profond, et il respire le goût: mais il dit trop peu de choses en trop de paroles, et est absolument sans méthode. Mort en 1695.
Fénélon (François de Salignac de La Mothe), archevêque de Cambrai, né en Périgord en 1651. On a de lui cinquante-cinq ouvrages différents. Tous partent d’un cœur plein de vertu, mais son Télémaque l’inspire. Il a été vainement blâmé par Gueudeville, et par l’abbé Faydit[160]. Mort à Cambrai en 1715.
Après la mort de Fénélon, Louis XIV brûla lui-même tous les manuscrits que le duc de Bourgogne avait conservés de son précepteur. Ramsay, élève de ce célèbre archevêque, m’a écrit ces mots: «S’il était né en Angleterre, il aurait développé son génie, et donné l’essor sans crainte à ses principes, que personne n’a connus.»
Ferrand (Antoine), conseiller de la cour des aides. On a de lui de très jolis vers. Il joutait avec Rousseau dans l’épigramme et le madrigal. Voici dans quel goût Ferrand écrivait:
D’amour et de mélancolie
Célemnus enfin consumé,
En fontaine fut transformé;
Et qui boit de ses eaux oublie
Jusqu’au nom de l’objet aimé.
Pour mieux oublier Égérie,
J’y courus hier vainement;
A force de changer d’amant,
L’infidèle l’avait tarie.
On voit que Ferrand mettait plus de naturel, de grâce, et de délicatesse, dans ses sujets galants, et Rousseau plus de force et de recherche dans des sujets de débauche. Mort en 1719.
Feuquières (Antoine de Pas, marquis de), né à Paris en 1648. Officier consommé dans l’art de la guerre, et excellent guide s’il est critique trop sévère. Mort en 1711.
Fléchier (Esprit), du comtat d’Avignon, né en 1632, évêque de Lavaur et puis de Nîmes; poëte français et latin, historien, prédicateur, mais connu surtout par ses belles oraisons funèbres[161]. Son Histoire de Théodose a été faite pour l’éducation de Monseigneur. Le duc de Montausier avait engagé les meilleurs esprits de France à travailler, par de bons ouvrages, à cette éducation. Mort en 1710.
Fleury (Claude), né en 1640, sous-précepteur du duc de Bourgogne, et confesseur de Louis XV son fils, vécut à la cour dans la solitude et dans le travail. Son Histoire de l’Église est la meilleure qu’on ait jamais faite, et les discours préliminaires sont fort au-dessus de l’histoire. Ils sont presque d’un philosophe, mais l’histoire n’en est pas. Mort en 1723.
Fontaine (Jean de La). Voyez La Fontaine.