Boullongne[346] (Bon), excellent peintre; la preuve en est que ses tableaux sont vendus fort cher.
Boullongne[347] (Louis). Ses tableaux, qui ne sont pas sans mérite, sont moins recherchés que ceux de son frère.
Raoux[348], peintre inégal; mais, quand il a réussi, il a égalé le Rembrandt.
Rigaud (Hyacinthe), né à Perpignan en 1663. Quoiqu’il n’ait guère de réputation que dans le portrait, le grand tableau où il a représenté le cardinal de Bouillon ouvrant l’année sainte, est un chef-d’œuvre égal aux plus beaux ouvrages de Rubens. Mort en 1743.
Detroy[349] (François) a travaillé dans le goût de Rigaud. On a de son fils des tableaux d’histoire estimés.
Watteau[350] (Antoine) a été dans le gracieux à peu près ce que Téniers a été dans le grotesque. Il a fait des disciples dont les tableaux sont recherchés.
Lemoine, né à Paris en 1688, a peut-être surpassé tous ces peintres par la composition du salon d’Hercule, à Versailles. Cette apothéose d’Hercule était une flatterie pour le cardinal Hercule de Fleury, qui n’avait rien de commun avec l’Hercule de la fable. Il eût mieux valu, dans le salon d’un roi de France, représenter l’apothéose de Henri IV. Lemoine, envié de ses confrères, et se croyant mal récompensé du cardinal, se tua de désespoir en 1737.
Quelques autres ont excellé à peindre des animaux, comme Desportes et Oudry[351]; d’autres ont réussi dans la miniature; plusieurs dans le portrait. Quelques peintres, et surtout le célèbre Vanloo[352], se sont distingués depuis dans de plus grands genres; et il est à croire que cet art ne périra pas.
SCULPTEURS, ARCHITECTES, GRAVEURS, ETC.
La sculpture a été poussée à sa perfection sous Louis XIV, et s’est soutenue dans sa force sous Louis XV.