[19] Sous le nom de Frédéric: voyez ma note, tome XXIV, page 358. B.

[20] Le duc de Bavière était père de ce jeune prince, appelé par Charles II au trône d’Espagne, et mort à Bruxelles. L’électeur, dans son manifeste contre l’empereur, dit, en parlant de la mort de son fils, «qu’il avait succombé à un mal qui avait souvent sans péril attaqué son enfance, avant qu’il eût été déclaré l’héritier de Charles II.» Il ajoutait que «l’étoile de la maison d’Autriche avait toujours été funeste à ceux qui s’étaient opposés à sa grandeur.» Une accusation directe eût peut-être été moins insultante que cette terrible ironie. Le duc de Bavière, en se séparant de l’empire pour s’unir à un prince en guerre avec l’empire, donnait un prétexte à l’empereur. Louis XIV avait traité avec autant de dureté le duc de Lorraine et l’électeur palatin, et il avait moins d’excuses. K.

[21] Dans l’histoire de Reboulet, il est dit qu’il eut cette souveraineté dès l’an 1700; mais alors il n’avait que la vice-royauté.

[22] On tint à Madrid, au nom de l’archiduc, plusieurs conseils où furent appelés les hommes les plus distingués de son parti. Le marquis de Ribas, secrétaire d’état sous Charles II, y assista. C’était lui qui avait dressé le testament de ce prince en faveur de Philippe V. Des cabales de cour l’avaient fait disgracier. On lui proposa de déclarer que le testament avait été supposé; mais il ne voulut consentir à aucune déclaration qui pût affaiblir l’autorité de cet acte: ni les menaces ni les promesses ne purent l’ébranler. K.

[23] Berwick avait commandé avec succès en Espagne pendant l’année 1704. Des intrigues de cour le firent rappeler. Le maréchal de Tessé demandait un jour à la jeune reine pourquoi elle n’avait pas conservé un général dont les talents et la probité lui auraient été si utiles. «Que voulez-vous que je vous dise? répondit-elle; c’est un grand diable d’Anglais, sec, qui va toujours tout droit devant lui.» Dans la campagne que termina la bataille d’Almanza, Berwick était instruit de l’état de l’armée alliée, et de ses projets, par un officier général portugais qui, persuadé que l’alliance du roi de Portugal avec l’empereur était contraire à ses vrais intérêts, le trahissait par esprit de patriotisme. (Mémoires de Berwick.) K.

[24] Voltaire a rapporté ailleurs (voyez tome XXXIX, page 247) une lettre écrite à Berwick, sur la victoire d’Almanza. B.

[25] L’armée du duc d’Orléans prit aussi Saragosse; lorsque les troupes françaises parurent à la vue de la ville, on fit accroire au peuple que ce camp qu’il voyait n’était pas un objet réel, mais une apparence causée par un sortilége: le clergé se rendit processionnellement sur les murailles pour exorciser ces fantômes; et le peuple ne commença à croire qu’il était assiégé par une armée réelle, que lorsqu’il vit les houssards abattre quelques têtes. (Mémoires de Berwick.) K.

[26] Le respect pour la vérité dans les plus petites choses oblige encore de relever le discours que le compilateur des Mémoires de madame de Maintenon fait tenir par le roi de Suède, Charles XII, au duc de Marlborough: «Si Toulon est pris, je l’irai reprendre.» Ce général anglais n’était point auprès du roi de Suède dans le temps du siége. Il le vit dans Alt-Ranstadt en avril 1707, et le siége de Toulon fut levé au mois d’août. Charles XII, d’ailleurs, ne se mêla jamais de cette guerre; il refusa constamment de voir tous les Français qu’on lui députa. On ne trouve, dans les Mémoires de Maintenon, que des discours qu’on n’a ni tenus ni pu tenir; et on ne peut regarder ce livre que comme un roman mal digéré.

[27] Entre autres Reboulet, page 233 du tome VIII. Il fonde ses soupçons sur ceux du chevalier de Forbin. Celui qui a donné au public tant de mensonges, sous le titre de Mémoires de madame de Maintenon, et qui fit imprimer, en 1752, à Francfort, une édition frauduleuse du Siècle de Louis XIV, demande, dans une des notes, qui sont ces historiens qui ont prétendu que la reine Anne était d’intelligence avec son frère. C’est un fantôme, dit-il. Mais on voit ici clairement que ce n’est point un fantôme, et que l’auteur du Siècle de Louis XIV n’avait rien avancé que la preuve en main: il n’est pas permis d’écrire l’histoire autrement.

[28] Telle est l’histoire qu’un libraire, nommé Van-Duren, fit écrire par le jésuite La Motte, réfugié en Hollande sous le nom de La Hode, continuée par La Martinière; le tout sur les prétendus Mémoires d’un comte de...., secrétaire d’état. Les Mémoires de madame de Maintenon, encore plus remplis de mensonges, disent, tome IV, page 119, que les assiégeants jetaient dans la ville des billets conçus en ces termes: «Rassurez-vous, Français, la Maintenon ne sera pas votre reine; nous ne lèverons pas le siége. On croira, ajoute-t-il, que Louis, dans la ferveur du plaisir que lui donnait la certitude d’une victoire inattendue, offrit ou promit le trône à madame de Maintenon.» Comment, dans la ferveur de l’impertinence, peut-on mettre sur le papier ces nouvelles et ces discours des halles? comment cet insensé a-t-il pu pousser l’effronterie jusqu’à dire que le duc de Bourgogne trahit le roi son grand-père, et fit prendre Lille par le prince Eugène, de peur que madame de Maintenon ne fût déclarée reine?