[118] C’est au commencement du septième livre de l’Histoire de la vie et actions de Louis de Bourbon, prince de Condé, qui a eu plusieurs éditions, dont l’auteur m’est inconnu, et que la seconde édition de la Bibliothèque historique de la France, du P. Lelong (voyez ma note, tome XXX, page 200), attribue, sous le nº 24226, à Pierre Coste. L’ouvrage de P. Coste n’a que cinq livres, et est intitulé: Histoire de Louis de Bourbon, second du nom, prince de Condé, premier prince du sang, par P***, un volume in-12, qui a eu aussi plusieurs éditions. B.
[119] C’est l’Histoire du règne de Louis XIV, par Reboulet, Avignon, 1744, trois volumes in-4º. B.
[120] Et non pas le chevalier de Forbin, comme le disent les Mémoires de Choisi. On ne prend pour confidents d’un tel secret que des domestiques affidés, et des hommes attachés par leur service à la personne du roi. Il n’y eut point d’acte de célébration: on n’en fait que pour constater un état; et il ne s’agissait ici que de ce qu’on appelle un mariage de conscience. Comment peut-on rapporter qu’après la mort de l’archevêque de Paris, Harlai, en 1695, près de dix ans après le mariage, «ses laquais trouvèrent dans ses vieilles culottes l’acte de célébration?» Ce conte, qui n’est pas même fait pour des laquais, ne se trouve que dans les Mémoires de Maintenon.
[121] Madame de Maintenon, née le 27 novembre 1635, n’était que dans sa cinquante et unième année. B.
[122] Il est dit, dans les prétendus Mémoires de Maintenon, tome I, page 216, «qu’elle n’eut long-temps qu’un même lit avec la célèbre Ninon Lenclos, sur les ouï-dire de l’abbé de Châteauneuf et de l’auteur du Siècle de Louis XIV.» Mais il ne se trouve pas un mot de cette anecdote chez l’auteur du Siècle de Louis XIV, ni dans tout ce qui nous reste de M. l’abbé de Châteauneuf. L’auteur des Mémoires de Maintenon ne cite jamais qu’au hasard. Ce fait n’est rapporté que dans les Mémoires du marquis de La Fare, page 190, édition de Roterdam. C’était encore la mode de partager son lit avec ses amis; et cette mode, qui ne subsiste plus, était très ancienne, même à la cour. On voit dans l’Histoire de France que Charles IX, pour sauver le comte de La Rochefoucauld des massacres de la Saint-Barthélemi, lui proposa de coucher au Louvre dans son lit; et que le duc de Guise et le prince de Condé avaient long-temps couché ensemble.—C’est dans un morceau Sur Ninon de Lenclos, publié en 1751 (voyez tome XXXIX, page 404), que Voltaire dit que Ninon et mademoiselle d’Aubigné couchèrent ensemble quelques mois de suite. Dans une note du chant II de la Henriade, il est question de la proposition de Charles IX au comte de La Rochefoucauld. Voltaire en reparle encore dans son Essai sur les guerres civiles, imprimé dans le tome X, à la suite de la Henriade. B.
[123] On peut, par vanité, ne point vouloir être gouvernante des enfants d’un particulier, et consentir à élever ceux d’un roi; mais le mot de scrupule est absurde; il ne peut rien y avoir de contraire aux principes de la morale à se charger de l’éducation d’un enfant quel qu’il soit. Le bâtard d’un roi et celui d’un particulier sont égaux devant la conscience. Cette lettre prouve que, même avant d’être à la cour, madame de Maintenon savait parler le langage de l’hypocrisie. K.
[124] Voltaire distingue, comme on voit, les Lettres des Mémoires de madame de Maintenon, fabriqués par La Beaumelle. B.
[125] L’auteur du roman des Mémoires de madame de Maintenon lui fait dire à la vue du château Trompette: «Voilà où j’ai été élevée, etc.» Cela est évidemment faux; elle avait été élevée à Niort.
[126] Voyez les Lettres à son frère: «Je vous conjure de vivre commodément, et de manger les dix-huit mille francs de l’affaire que nous avons faite: nous en ferons d’autres.»
[127] Philippe de Valois, marquis de Villette Murcay, mort le 25 décembre 1707, à soixante et quinze ans, était fils d’Artemise d’Aubigné, qui était fille de Théodore-Agrippa d’Aubigné, et conséquemment tante de madame de Maintenon. Le marquis de Villette, cousin de cette dernière, épousa en secondes noces, après 1691, Marie-Claire-Isabelle Deschamps de Marsilly, laquelle, devenue veuve, épousa Bolingbroke. B.