[143] L’auteur de la Vie du duc d’Orléans est le premier qui ait parlé de ces soupçons atroces: c’était un jésuite nommé La Motte, le même qui prêcha à Rouen contre ce prince pendant sa régence, et qui se réfugia ensuite en Hollande sous le nom de La Hode. Il était instruit de quelques faits publics. Il dit, tome I, page 112, que «le prince, si injustement soupçonné, demanda à se constituer prisonnier;» et ce fait est très vrai. Ce jésuite n’était pas à portée de savoir comment M. de Canillac s’opposa à cette démarche trop injurieuse à l’innocence du prince. Toutes les autres anecdotes qu’il rapporte sont fausses. Reboulet, qui l’a copié, dit après lui, page 143, tome VIII, que «le dernier enfant du duc et de la duchesse de Bourgogne fut sauvé par du contre-poison de Venise.» Il n’y a point de contre-poison de Venise qu’on donne ainsi au hasard. La médecine ne connaît point d’antidotes généraux qui puissent guérir un mal dont on ne connaît point la source. Tous les contes qu’on a répandus dans le public en ces temps malheureux ne sont qu’un amas d’erreurs populaires.
C’est une fausseté de peu de conséquence dans le compilateur des Mémoires de madame de Maintenon, de dire que «le duc du Maine fut alors à l’agonie;» c’est une calomnie puérile de dire que «l’auteur du Siècle de Louis XIV accrédite ces bruits plus qu’il ne les détruit.»
Jamais l’histoire n’a été déshonorée par de plus absurdes mensonges que dans ces prétendus Mémoires. L’auteur feint de les écrire en 1753. Il s’avise d’imaginer que le duc et la duchesse de Bourgogne, et leur fils aîné, moururent de la petite-vérole; il avance cette fausseté pour se donner un prétexte de parler de l’inoculation qu’on a faite au mois de mai 1756. Ainsi, dans la même page, il se trouve qu’il parle, en 1753, de ce qui est arrivé en 1756.
La littérature a été infectée de tant de sortes d’écrits calomnieux, on a débité en Hollande tant de faux Mémoires, tant d’impostures sur le gouvernement et sur les citoyens, que c’est un devoir de précautionner les lecteurs contre cette foule de libelles.
[144] La déclaration de Louis XIV est du 23 mai 1715. Elle accorde aux princes légitimés les titre et qualité de princes du sang. Un édit de 1714 leur donnait le droit de succéder à la couronne après les princes du sang. B.
[145] Voyez tome XXII, page 286. B.
[146] Les Mémoires de madame de Maintenon, tome V, page 194, disent que Louis XIV voulut faire le duc du Maine lieutenant-général du royaume. Il faut avoir des garants authentiques pour avancer une chose aussi extraordinaire et aussi importante. Le duc du Maine eût été au-dessus du duc d’Orléans: c’eût été tout bouleverser; aussi le fait est-il faux.
[147] Cette loi fondamentale n’exista jamais. M. de Voltaire voudrait absolument que le Français fût esclave. L.
[148] Le maréchal de Berwick dit, dans ses Mémoires, qu’il tient de la reine d’Angleterre que cette princesse ayant félicité Louis XIV sur la sagesse de son testament: «On a voulu absolument que je le fisse, répondit-il; mais dès que je serai mort, il n’en sera ni plus ni moins.» K.
[149] Dans les premières éditions, au lieu de cet alinéa et du suivant, on lisait: