[191] La douceur des mœurs, l’habitude de vivre dans la société, ont plus contribué que les lois à diminuer la fureur des duels. Louis XIV n’a réellement détruit que l’usage d’appeler des seconds. Ses lois n’ont pas empêché que, de Stockholm à Cadix, tout gentilhomme qui refuse un appel, ou qui souffre une injure, ne soit déshonoré. Louis XIV lui-même n’eût ni osé ni voulu forcer un régiment à conserver un officier qui eût obéi à ses édits. Établir la peine de mort contre un homme qui a prouvé qu’il préférait la mort à l’infamie, est une loi également absurde et barbare, digne, en un mot, de la superstition qui l’avait inspirée. K.
[192] L’abbé de Saint-Pierre, dans ses Annales, ne parle que de cette institution de brigadiers, et oublie tout ce que Louis XIV fit pour la discipline militaire.
[193] Pour qu’un pays produise des chevaux, il faut que les propriétaires de terres, ou les cultivateurs qui les représentent, trouvent du profit à en élever; il faut, de plus, que les impôts permettent aux cultivateurs de faire les avances qu’exige ce commerce. Il est aisé de voir que des haras régis pour le compte du roi ne peuvent produire que des chevaux à un prix exorbitant; et que les réglements pour les étalons distribués dans les provinces n’étaient, comme tant d’autres, qu’un impôt déguisé sous la forme d’un établissement de police. K.
[194] Ces milices étaient tirées au sort; ainsi on forçait des hommes à s’exposer malgré eux aux dangers de la guerre, sans leur permettre de racheter leur service personnel par de l’argent; sans que les motifs de devoir qui pouvaient les attacher à leur pays fussent écoutés, sans qu’aucune paie les dédommageât de la perte réelle à laquelle on les condamnait; car un homme qui peut d’un moment à l’autre être enlevé à ses travaux par un ordre, trouve plus difficilement de l’emploi qu’un homme libre.
Les tirages forcés jetaient la désolation dans les villages, fesaient abandonner tous les travaux, excitaient entre ceux qui cherchaient à se dérober au sort, et ceux qui voulaient les contraindre à le subir, des haines durables, et souvent des querelles sanglantes. Ce fardeau tombait principalement sur les habitants des campagnes, qui les quittaient pour aller chercher dans les villes des emplois qui les missent à l’abri de ce fléau. M. de Voltaire n’avait jamais été le témoin d’un tirage de milice. Si ce spectacle, également horrible et déchirant, eût une fois frappé ses regards, il n’eût pu se résoudre à citer avec éloge cet établissement de Louis XIV. K.
[195] Blaise-François de Pagan, né en 1604, mort en 1665, auteur d’un Traité des fortifications, 1645, in-folio, passait, de son temps, pour le premier ingénieur. B.
[196] 10 mai 1693. B.
[197] Voyez ma note, tome XXVI, page 176. B.
[198] La première phrase de cet alinéa est de 1753; la seconde phrase était dans l’édition de 1752; la troisième phrase est dans l’édition de 1751. B.
[199] Voyez, ci-après, le chapitre XXXVI, Du Calvinisme.