Des herbes de bonté.
La voix du rossignol fait ton âme plus tendre
Et le favone agace, comblant mes vœux,
La couronne de pin qui mêle tes cheveux.
Il se passa, à la récitation de ce poème, ce qui arrive toujours quand on écoute des vers qui ne sont pas faits pour être goûtés immédiatement: çà et là on remarqua un trait et on l’apprécia à sa juste valeur, mais on ne put juger de la beauté totale du poème. Le rhythme animé et populaire d’un vers comme:
Mes bras tendirent l’arc d’aubier...
l’impression troublante de la mesure brisée de l’avant-dernier vers:
Et le favone agace, comblant mes vœux,
furent peut-être compris et goûtés, mais l’entrelacement savant des modes et des motifs, avec sa mobilité et son relief étonnants, n’apparut guère de prime abord.
Aussi fut-ce une observation banale que fit l’un des auditeurs pour marquer la jouissance que lui avait causée la déclamation du poète.