—«Non,» dit Verlaine d’un ton très bref (sa jeunesse ne semblait pas être un sujet qu’il aimât à aborder). «Si je ne me trompe, je n’ai vu des loups que bien plus tard, pendant mes voyages dans les Ardennes, un ou deux loups tout au plus. Pour des loups, ce qu’on peut appeler des loups, j’en ai vu de toute espèce et en grand nombre durant toute ma vie.»

Il n’y avait aucune amertume dans ces paroles: il semblait plutôt qu’il excusât la façon d’agir des loups.

—«Et les circonstances au milieu desquelles vous avez été élevé?»

—«Excellentes.» Le poète tira ces mots d’une distance infinie. «Mes parents avaient quelque fortune; elle n’a pas duré longtemps entre mes mains. Peuh!»

—«Et de quoi avez-vous donc vécu, alors?»

—«J’ai donné des leçons.»

—«Qu’est-ce que vous avez enseigné?»

—«Après la Commune j’ai donné des leçons de dessin en Angleterre. Plus tard, j’ai enseigné toute sorte de choses dans un pensionnat tenu par des prêtres.»

—«Et votre femme, où était-elle pendant ce temps?»

—«Elle s’est remariée; je n’ai plus rien à faire avec elle. Mon seul désir est de revoir mon fils.»