Et Verlaine fièrement passa les mains sur ses moustaches et sa barbe, comme s’il provoquait un ennemi invisible; puis un sourire ironique très doux tira les coins de sa bouche et de ses yeux, et ce sourire, par une transition imperceptible, se figea dans l’abstraction morne de son visage douloureux.
—«Cher maître,» lui dit Cazals pour l’amener à un autre sujet de conversation, «vous devriez nous lire de vos vers pour notre dessert. Et il lui tendit le livre de Jules Tellier, Nos Poètes, qui contient quelques fragments de l’œuvre de Verlaine.
Le poète feuilleta le volume sans mot dire.
Puis il se mit à lire la prière, tirée de Sagesse, dans laquelle il offre son corps et sa vie au Seigneur.
O mon Dieu! vous m’avez blessé d’amour
Et la blessure est encore vibrante,
O mon Dieu! vous m’avez blessé d’amour.
O mon Dieu! votre crainte m’a frappé
Et la brûlure est encore là qui tonne,
O mon Dieu! votre crainte m’a frappé...