De ces petits formats jadis dorés sur tranche,

des missels richement enluminés, des manuscrits de 1380, de 1320, ou même de plus ancienne date; enfin, des ouvrages imprimés en caractères, gothiques pendant le quinzième et le seizième siècle. Mais j'ai dessein d'en rendre un compte plus détaillé, si je puis en obtenir la permission du marquis.

En attendant, il me suffira de dire qu'enchanté du jour que j'avais passé à Haut-Lieu, j'y fis de fréquentes visites, et que la clef de la tour octogone était toujours à ma disposition. Ce fut alors que je me pris d'une belle passion pour une partie de l'histoire de France que je n'avais jamais suffisamment étudiée, malgré l'importance de ses rapports avec celle de l'Europe en général, et quoique traitée par un ancien historien inimitable[24]. En même temps, pour satisfaire les désirs de mon digne hôte, je m'occupai de temps en temps de quelques mémoires de sa famille qui avaient été heureusement conservés, et contenant des détails curieux sur l'alliance de cette maison avec une famille écossaise, alliance à laquelle j'avais dû, dans l'origine, les bonnes grâces du marquis de Haut-Lieu.

Je méditai sur cet objet, more meo, jusqu'à l'instant où je quittai la France pour aller retrouver le roasbeef et le feu de houille de la Grande-Bretagne; ce qui n'eut lieu qu'après que j'eus mis en ordre ces réminiscences gauloises. Enfin le résultat de mes méditations prit la forme dont mes lecteurs pourront juger dans un instant, si cette préface ne les épouvante pas.

Que le public accueille cet ouvrage avec bonté, et je ne regretterai pas mon absence momentanée de mon pays.


QUENTIN DURWARD.


[CHAPITRE PREMIER.]

Le Contraste.