— Oui, tout ce qui composait le détachement a été tué ou fait prisonnier.
— En êtes-vous bien sûr?
— Aussi sûr que je le suis de vous parler. J'ai été témoin involontaire du combat.
— Involontaire! N'y avez-vous donc pris aucune part?
— Non. J'étais retenu prisonnier par le capitaine des troupes du roi.
— Et pour quel motif? Qui êtes-vous? Quel est votre nom? Que faites-vous en ce pays?
— Je ne sais, monsieur, pourquoi je répondrais à tant de questions faites par un inconnu. Je vous en ai dit assez pour vous convaincre que vous ne pouvez traverser ce pays sans courir quelque danger. Si vous jugez devoir continuer votre route, c'est votre affaire; mais, comme je ne vous fais pas de questions sur votre nom et sur les motifs de votre voyage, vous m'obligerez de ne m'en adresser aucune.
— M. Francis Osbaldistone, dit l'autre cavalier d'une voix qui me fit tressaillir jusqu'au fond de l'âme, ne devrait pas siffler ses airs favoris quand il désire ne pas être reconnu.
Et Diana Vernon, car c'était elle, enveloppée d'un grand manteau, qui venait de me parler, se mit à siffler, comme pour m'imiter en riant, la seconde partie de l'air que son approche avait interrompu.
— Juste ciel! m'écriai-je ne pouvant retenir l'expression de ma surprise, est-il possible que ce soit vous, miss Vernon, que je rencontre dans un tel pays, à une telle heure, et sous un tel?…