La Société d'Exploration Égyptienne a obtenu la concession des fouilles du temple de Hatshepsu en 1903, après que les travaux commencés dans le temple voisin, moins ancien, eussent été remis au Service des Antiquités. Le Professeur Naville offrit ses services pour cette entreprise, et, avec le concours de M. Henry Hall, du Bristish Museum, et plus récemment, de C. F. Currelly, il termina les travaux en trois ans. Tout en gravissant les trois terrasses, nous remarquons la similitude de ce plan avec celui du sanctuaire de Hatshepsu, érigé quelque sept siècles plus tard. Il y a cependant un détail qui distingue le temple de Mentuhotep II; c'est la ruine d'une pyramide sur la troisième terrasse. C'est le seul exemple que l'on rencontre d'une pyramide faisant partie d'un temple, et la singularité de cette construction a été l'occasion d'études intéressantes. Un papyrus conservé au Musée de Turin relate que le Pharaon (un des derniers Ramsès) avait nommé une commission pour visiter les tombes de ses prédécesseurs et dresser un rapport sur l'état de ces tombes. Le rapport mentionne que la tombe de Mentuhotep II était intacte, mais il n'indique pas son emplacement; toutefois, le dessin d'une pyramide faisait suite au passage qui avait trait à cette construction. Ceci décida le Professeur Naville à rechercher la tombe sous cette pyramide. Il ne la trouva pas, mais il fut récompensé de ses travaux par la découverte de six statues de Usertesen III, dont trois sont actuellement au British Museum, et les trois autres au Caire. Comme ce monarque appartient à une dynastie plus récente, la douzième, il y a là un problème de plus ajouté à tous ceux que nous offre ce temple.

Une tombe de femme a été mise à jour à quelques mètres de la pyramide; quelques fresques, bien conservées, datant de la onzième dynastie, qui couvraient l'extérieur de ce sépulcre, sont très intéressantes, quoique grossières. Quant à l'emplacement de la dernière demeure de Mentuhotep, il reste toujours un mystère.

Les fouilles ont été continuées dans la base des rochers qui se trouvent derrière le temple; des débris de pierre calcaire ont été enlevés, et une couche inférieure avait à peine été entamée, que, à la grande surprise de M. Dalison qui dirigeait les travaux à cette époque, une masse de roc glissa, laissant à découvert une cavité, et la tête et les épaules d'une vache de Hathor. L'hiver de 1906 à Thèbes fut fertile en surprises; mais celle-ci fut une des plus intéressantes, en raison de la beauté de la sculpture et de son parfait état de conservation. Currelly qui accourut avant même que la trouvaille ne fût débarrassée de sa poussière, me donna tous les détails.

Les travaux durent être très prudemment menés. Les ouvriers indigènes s'intéressent vivement à la découverte d'objets de valeur et perdent facilement leur sang-froid. Si l'on n'observe pas les plus grandes précautions, les fouilles dans ces rochers peuvent amener des éboulements funestes. La cavité où apparaissait cette étonnante tête de vache, demandait une étude spéciale. On s'aperçut d'abord qu'elle avait un toit en forme de voûte; les peintures murales, fort bien conservées, ne laissaient aucun doute sur l'époque de la construction. Il est regrettable que cette construction n'ait point été laissée intacte. Les autorités du Musée du Caire, naturellement désireuses d'ajouter à leurs collections un si beau spécimen de la sculpture de la dix-huitième dynastie, firent valoir les risques que courrait la sculpture si on la laissait en cet endroit. De son côté, l'Inspecteur local des Antiquités, M. Weigall, demandait qu'on laissât la caverne intacte, en se déclarant prêt à assumer toute responsabilité. Les grilles de fer qui auraient été nécessaires pour protéger la vache de Hathor contre les actes de vandalisme ou contre les chercheurs de reliques, auraient certainement nui à l'aspect du monument, mais, située dans cette niche, près du sanctuaire de Hatshepsu, combien mieux dans son cadre elle aurait été qu'au Musée du Caire!

La gravure ci-contre représente la terrasse supérieure du temple de Mentuhotep, avec la base en ruines de la pyramide, à droite. La partie sud du temple, plus récente, est au milieu, et les collines qui entourent la vallée forment le fond. La seconde cavité, à gauche, est celle où la vache de Hathor fut trouvée, mais, bien qu'elle soit à proximité du temple de Mentuhotep, elle n'a rien de commun avec ce sanctuaire. Le sanctuaire de Hathor fut élevé sur les ordres de la reine Hatshepsu après que l'autre, dont nous retrouvons les traces, fût tombé en ruines. Tous deux furent restaurés plus tard, sous Ramsès II.

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L'excavation, à l'extrême gauche de la gravure, concentra tout l'intérêt des fouilles de cet hiver. On avait trouvé l'entrée d'une tombe très intéressante, et, pensant qu'il s'agissait de la tombe recherchée par le Professeur Naville, on attendit l'arrivée de ce dernier pour l'ouvrir.

De retour à la hutte, nous procédâmes à l'ouverture du moule de cire. Une impression se trouvait bien reproduite, mais le papier de plomb qui servait à empêcher la cire de détériorer le coloris de la muraille, avait arrondi les bords des incisions qui donnent tant de vie au travail original. La cire n'avait pas pénétré assez profondément, et il nous fallut corriger minutieusement les angles trop arrondis. Une autre difficulté se présentait: la cire qui s'était bien durcie sur la surface froide de la muraille, s'était ramollie avant d'avoir été recouverte de plâtre, et certains reliefs s'étaient empâtés.