—Cela peut aller, fait-il en matière de conclusion, à condition que nous fournissions un effort double. Nous pourrions nous adjoindre Kunst et quelques domestiques de confiance pour le voyage.
—Adopté, approuve Kammitz. Ces gens sont, après tout, des Allemands et nous les connaissons suffisamment... Mais pas plus de trois.
On est arrivé à la fin de la conférence. Le comte fait remarquer encore que chacun aura à se procurer de faux papiers et pourvoir, par lui-même, au voyage jusqu’à Lisbonne. C’est là seulement qu’entreront en vigueur les dispositions prises par les Américains.
Il ne reste plus qu’à se séparer. Grotthauser saisit le bras de Tornten, pour l’aider à descendre jusqu’à l’automobile qui,—a fait connaître le comte Kammitz,—est à la disposition du convalescent pour le reconduire.
—Je suis fatigué, dit Thor à son vieil ami, tandis qu’au bras l’un de l’autre, ils cheminent dans la rue, et je sens qu’il va me falloir faire appel à toutes mes forces, pour être à la hauteur de la tâche que j’ai assumée.
—Cependant, tu es marin et tu as été officier, riposte l’industriel. Que dirais-je, moi, pour qui ce voyage à bord d’un sous-marin offre des difficultés et des dangers inconnus.
—Ce qui ne t’empêche pas de te joindre à nous! J’avoue que cela ne m’a pas peu surpris de te rencontrer dans cette société.
Ils sont arrivés au carrefour où stationne l’auto et y montent aussitôt:
—Tu sais maintenant ce que j’y fais! explique Grotthauser lorsque assis côte à côte, dans la voiture, ils parcourent déjà, à vive allure, les rues du Berlin nocturne.
—Oui, pour modérer les idées de Rittersdorf.