—Je t’en supplie, Carry, calme-toi, implore l’officier si tendrement que la jeune Anglaise sent se sécher ses larmes. Tu es bien au courant de tout?
—Tout, réplique-t-elle, sauf le plus important, le but de ton voyage.
—Cela, je n’ai pas le droit de te le dire. C’est un secret pour lequel j’ai engagé ma parole.
—C’est bien ce qui cause mes craintes. Tu tentes une aventure dans laquelle tu peux laisser ta vie.
—Qu’est la vie, Carry, auprès de la gloire et de l’honneur d’avoir entrepris de grandes choses. Sois donc brave! Aurais-tu pleuré de la sorte si je t’avais quittée pour partir à la guerre.
Elle fait oui de la tête:
—Certainement, de la même façon, car je t’aime, Thor, plus que ma vie.
—Ah! merci de ces paroles. J’en emporte où je vais la douce caresse, qui sera ma force dans les heures pénibles ou douloureuses que j’aurai à vivre.
—Et quand nous reverrons-nous, si le sort, là-bas, t’épargne?
—Je te l’ai déjà dit: tu recevras de mes nouvelles et mes instructions pour venir me rejoindre avec l’enfant.