La lumière inonde la coque du sous-marin, le kiosque et l’homme isolé qui se tient sur le pont, paralysé par l’épouvante. Il lui semble que l’aveuglant faisceau le traverse de part en part et transperce également sa pauvre tête douloureuse. Il ferme les yeux et attend le malheur.

Un temps s’écoule. Les battements des machines deviennent plus distincts à mesure que la catastrophe approche; mais l’ordre de se rendre, que Thor redoute, ne se fait pas entendre. Et cependant un jet de vapeur siffle tout près du submersible.

L’ennemi est là.

Thor ouvre les yeux et contemple, surpris, le majestueux bâtiment qui passe. C’est un torpilleur de haute mer. Mais, déjà, son projecteur, abandonnant le large, balaie de nouveau le littoral comme si l’on voulait détourner du navire des fugitifs l’attention des autres poursuivants.

Puis l’étranger glisse, comme une ombre, devant Tornten et son submersible. Mais il n’est pas silencieux comme le vaisseau-fantôme. L’appel puissant d’un porte-voix rugit et apporte distinctement aux oreilles de Tornten ce salut:

Farewell!

Ce sont les Américains!

Le commandant du sous-marin, rassuré et joyeux, s’élance par l’écoutille et boulonne soigneusement la trappe derrière lui.

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Plusieurs heures se sont écoulées.