—Où êtes-vous donc? demande Sellenkamp. Car c’est lui qui est là.

—Ici, Sellenkamp, répond Tornten. Qu’est-ce qui vous amène près de nous?

Le lieutenant de vaisseau, toujours reconnaissable à sa maigreur, même sous son accoutrement de matelot, pose la lanterne sur le sol, près de son camarade étendu, et s’accroupit à ses côtés. Il examine les visages des deux hommes.

—Vous n’avez pas bonne mine, fait-il apitoyé. Voilà, c’est l’effet de cette longue détention. Ah! je sais bien que, pour mon compte, je n’aurais pas voulu rester dans ce trou sept semaines durant.

—Y a-t-il si longtemps que nous naviguons, échappe-t-il à Tornten.

—Sept semaines! répète Grotthauser indigné, sept semaines retranchées de la vie d’un homme!

—C’était indispensable! plaide Sellenkamp pour ses complices et pour lui-même. Vous étiez un obstacle à notre entreprise.

—Etes-vous venu uniquement pour nous dire cela, Sellenkamp? fait Tornten avec hauteur.

—Non, certes non. Au contraire, je vous apporte une bonne nouvelle.

—Les Anglais auraient-ils fini par vous mettre la main au collet?