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Grotthauser et Thor sont, maintenant, dans le couloir d’un wagon du rapide Brême-Berlin et regardent au loin déferler déjà les premières vagues de cet océan de maisons qu’est la grande ville.

—Le voilà donc, ce Berlin impérial! s’écrie Jacob Grotthauser, en indiquant les abords de la capitale.

—Hélas! oui, le Berlin impérial, grince Tornten...

—Ne t’énerve pas d’une colère impuissante, souffle Grotthauser après un timide coup d’œil oblique vers son ami. Cela ne changera rien aux choses.

«Ils ont réussi et nous l’avons payé d’une longue détention qu’on nous a fait subir par mesure de précaution. Nous arrivons, maintenant, dans cette ville, dont les habitants ont, paraît-il, chaleureusement accueilli le retour du proscrit. Je pense, cependant, que beaucoup d’entre eux ont dû serrer les poings en revoyant Guillaume de Hohenzollern, mais pas ostensiblement; autrement c’eût été par trop dangereux.

«Les troupes impériales tiennent toute la Prusse.

—Tout le Nord, corrige le lieutenant de vaisseau.

Les deux amis se taisent un moment, puis:

—Je crois que nous stoppons de nouveau, reprend Grotthauser.