Un regard vers la carte et le chef insurgé pâlit:

—Avez-vous reçu des renforts?

—Oui, mais à peine de quoi combler les pertes depuis minuit. Devant les lance-flammes, les gens se sauvent, car il n’y a pas à lutter.

L’homme à la carte se mord les lèvres; un silence se fait, qui dure plusieurs secondes; puis le chef s’écrie:

—Les Saxons devraient être ici dans deux heures; alors nous pourrions encore une fois tenter la chance. En attendant, il n’y a qu’à battre en retraite le plus lentement possible.

«Camarade, s’adresse-t-il à un homme assis auprès de lui devant la table, courez avec le reste de nos réserves et poussez vers l’Est. Tâchez d’arriver au pont Janowitz, sans quoi les ennemis pourraient passer par là et ce serait notre fin.»

L’interpellé s’empresse d’obéir, mais quelqu’un, dans les rangs pressés autour du bureau, s’écrie:

—Nous ne pouvons pas rester ici! Les premiers réguliers débouchent à l’instant sur la place Alexandre. Ils amènent des auto-mitrailleuses et vont bientôt balayer tout le terre-plein.

—Jetez cent hommes dans la station du chemin de fer souterrain. C’est le premier point à occuper au plus tôt.

—Trop tard! annonce alors un autre, qui accourt, essoufflé. La station est aux mains de l’ennemi.