Thor obéit. Son poing s’abat lourdement sur le chêne massif; mais le hasard veut que, dans ce mouvement, il rencontre involontairement le loquet... et la porte s’ouvre.

Grotthauser soulève le corps de Carry Bolton et s’empresse vers l’intérieur de la maison. Une fois là, Thor de Tornten referme soigneusement la porte derrière lui.

—Sauvés! dit l’industriel, qui tâtonne dans l’obscurité.

—Non, perdus, car la vie de Carry est menacée, répond Tornten brisé de douleur et de crainte pour sa bien-aimée.

—Donne de la lumière!

Le lieutenant de vaisseau fait jaillir la flamme de son briquet, à la lueur duquel les deux amis se voient dans un vestibule luxueux, d’où, à droite et à gauche, des escaliers accèdent aux étages de l’immeuble.

—Je vais chercher le portier, propose Grotthauser, qui tient toujours entre ses bras le corps de la jeune Anglaise.

—Inutile, on vient.

Une porte s’ouvre, en effet, vers la gauche, et un homme s’avance, portant à la main une lampe. Il est vêtu comme en plein jour; le vacarme de cette nuit de terreur l’a tenu éveillé.

—Qui êtes-vous et comment êtes-vous entrés dans la maison? crie-t-il aux deux amis.