Il presse Carry plus fortement contre sa poitrine, comme s’il pouvait ainsi la protéger de la mort qui vole autour d’eux. Devant lui se dresse une maison, avec un avant-corps qui leur offre un couvert. Il y court.

Mais soudain le frêle corps de la jeune fille qui pèse si peu à son bras frémit, puis se détend et s’affaisse le long de lui.

—Qu’as-tu, Carry?

—Je crois que je suis touchée, gémit-elle tout bas.

Le cœur du lieutenant de vaisseau se contracte. En deux bonds il se met, avec son fardeau léger, provisoirement en sûreté, sous le porche voisin; son ami n’y arrive qu’après lui.

Ils s’y arrêtèrent, le souffle coupé.

—Carry est blessée, crie Tornten à l’industriel désolé.

Doucement, il la dépose sur le sol, en lui soutenant seulement la tête sur son bras. A la lueur de l’incendie, qui couvre le ciel de sa pourpre inquiétante, il constate avec douleur que la jeune fille a fermé les yeux et semble souffrir énormément. Il découvre aussi la blessure et un cri d’horreur s’échappe de ses lèvres lorsqu’il aperçoit le petit trou noir qu’a laissé la balle un peu au-dessous de l’épaule gauche.

—Elle se meurt, crie-t-il d’une voix retentissante.

Il cache sa figure entre ses mains, et c’est maintenant Grotthauser qui soutient de son bras la jeune fille agonisante. Thor peut voir son ami qui caresse doucement, avec pitié, le visage de la petite blessée.