Lui-même, Tornten semble circuler dans sa demeure sans aucun autre but que d’y chercher vainement les deux êtres chéris.

Soudain, il tressaille. Il a perçu un bruit de pas; il est précisément dans son cabinet de travail, et, derechef, il entend quelqu’un marcher de droite et de gauche dans une pièce voisine.

Il ouvre la porte et aperçoit un homme de haute taille, revêtu de l’uniforme de la marine allemande et qui, à sa venue, s’arrête et se tourne vers lui.

—Kammitz! s’écrie Tornten, à la fois surpris et ému.

—C’est bien moi, Tornten, répond le comte, aussi calme que si sa visite dans la demeure de son ancien ami n’avait rien que de très ordinaire.

—Qu’est-ce qui t’amène chez moi? demande l’officier blond après un court silence.

—Le désir de te parler et de t’apporter d’importantes nouvelles.

—Comment es-tu entré dans mon appartement?

—C’est ton valet de chambre qui m’a introduit il y a quelques minutes.

Thor ne peut s’expliquer pourquoi il n’a pas vu Toman, mais la présence du comte Kammitz le dispense de plus amples réflexions.