—Prends un siège, fait-il en fermant derrière lui la porte au verrou.

—Merci, Tornten. J’ai peu de choses à te dire et il vaut mieux que nous nous parlions debout et face à face, d’homme à homme.

—Viens-tu me raconter que vous êtes victorieux?

—Ici, au moins, nous sommes restés vainqueurs, répond le comte. La capitale est à nous et, dans toute la région du Nord, il n’y a pas une force adverse pour nous inquiéter. Pour le Sud, nous en viendrons facilement à bout.

«Ensuite viendra la danse avec l’ennemi extérieur, qui se terminera à notre avantage, car alors tout l’empire allemand sera soumis au kaiser.

—Tu veux dire opprimé par le kaiser, dit Thor amèrement.

Le comte le regarde presque douloureusement.

—As-tu donc toujours de nous et de nos entreprises une opinion aussi fausse? Ne vois-tu pas clairement, Tornten, que nous faisons le bien du peuple en le forçant à reconnaître notre maître?

—Qu’est-il?... Un homme, après tout!... Où prend-il le droit de régenter d’autres hommes?

—Il est le pouvoir! s’écrie Kammitz d’une voix forte, et aucun peuple ne peut grandir sans un pouvoir qui le dirige.