—Oui, monsieur le capitaine.

La blonde gouvernante plaça doucement sa main dans celle que lui tendait le géant. Près de lui, sans être petite, elle paraissait une enfant. Thor observa que l’embarras avait fait monter le rouge là son gracieux visage.

—Asseyez-vous, je vous prie, miss Bolton, insista-t-il poliment.

Mais elle resta debout, attendant pour s’asseoir que lui-même eût pris un siège. Puis, les mains croisées sur les genoux comme une écolière, elle attendit discrètement qu’il lui adressât la parole.

Cependant, l’officier ne se pressait pas de parler et l’examinait longuement.

La lumière inondait sa figure et Thor remarqua, pour la première fois, combien son visage était attrayant.

Il sut immédiatement gré de sa beauté à la jeune Anglaise, la trouvant ravissante et ne pouvant s’empêcher de l’admirer.

Carry Bolton, elle, avait tourné ses regards vers le sol, mais non sans avoir dévisagé attentivement, et avec quelque surprise, le maître de la maison et, dans cette attitude modeste, elle attendait qu’il commençât à lui parler.

—Ma femme vous a confié notre fils, débuta enfin le lieutenant de vaisseau, et vous devez penser, miss Bolton, tout ce que cela peut signifier pour moi.

«Un jeune enfant conserve toute sa vie l’empreinte des premières mains qui ont la charge de le modeler. C’est pourquoi je dois vous prier de me dire d’abord qui vous êtes et quel hasard vous a amenée à Berlin, précisément en ce moment, après la guerre.