—Je ne suis, à vraiment dire, pas une pure Anglaise, répliqua-t-elle en souriant.
«Je suis Allemande. Mon père était, au commencement de la guerre, employé à Hoppegarten. Ma mère, qui est morte depuis plusieurs années, était gouvernante allemande. Père vient de quitter Ruhleben, où il est resté si longtemps interné et est allé en Angleterre chercher une place.
«Moi, je ne l’ai pas suivi, parce que... parce que je ne voulais pas lui être à charge.
—C’est triste, miss Bolton, d’être obligé de quitter ceux qu’on aime. Au moins, êtes-vous satisfaite de votre emploi dans ma maison?
—Certes, monsieur le capitaine, je ne pouvais trouver mieux. Et puis... j’aime tellement votre fils que je ne pourrais plus me séparer de cet enfant.
—Cela me fait plaisir de vous entendre parler ainsi. Et le petit vous rend-il cette affection?
—C’est ce dont vous pourriez vous assurer immédiatement, monsieur le capitaine. Otto est encore éveillé. C’est un enfant joueur et vivace, qui n’aime pas le lit et s’endort difficilement.
Elle voulut se lever, mais Thor lui fit signe de rester.
—Voulez-vous me répondre encore à une question? demanda-t-il.
—Comme vous voudrez, monsieur le capitaine, fit-elle modestement.