—Hourrah! pour le retour du kaiser en Allemagne! approuva Heinz de Walding avec tant de fougue que le comte Kammitz, en sa qualité de plus ancien, crut devoir marquer par un grognement sa désapprobation. Et c’est avec joie que ce retour serait accueilli!
—Ici, en Prusse, peut-être, rétorqua vivement Tornten. Mais que diraient, dans le reste de l’empire, les antiprussiens?
—On ne le leur demande pas, riposta Rittersdorf.
—Vous voulez donc, Rittersdorf, préparer la guerre civile?
—Et comment cela?
—Elle serait inévitable. L’empire est divisé en deux camps: ici, Hohenzollern; là, République. Pensez donc à la mentalité de l’Allemagne du Sud!
—Bah! on verra bien qui sera le plus fort.
—Vous parlez à votre aise de semblables éventualités, se fâcha Thor, qui commençait à s’échauffer, car il sentait qu’autant vaudrait se heurter les poings contre un mur que combattre les convictions de Rittersdorf.
Le comte Kammitz s’interposa. Rittersdorf était près de s’emporter et qui sait comment allait finir le débat, quand le comte exposa en riant:
—Il ne s’agit pas de la chape au kaiser, mais de l’avenir de ce souverain. Qui peut dire ce qu’il en adviendra... Nous souhaitons tous qu’il nous soit rendu, et c’est dans cet espoir que je vide mon verre!