Il prend chaque objet, le porte sur le lit de son père et le contraint d’admirer.

—Vois, papa, comme ce pantin gigote! Il ressemble à ces soldats de plomb de France que tu m’as rapportés de ta dernière visite au front! Vois donc, papa, miss Bolton qui traîne l’automobile dont elle m’a fait cadeau. Comme ça court sur le plancher.... On dirait une grande! L’année prochaine, tu m’en donneras une vraie, n’est-ce pas, petit papa!

—Tout ce que tu voudras, mon petit homme, acquiesce Thor en regardant son fils avec un sourire heureux.

—Le petit Jésus a aussi apporté quelque chose pour vous, monsieur le capitaine, fait Carry qui se tient près du lit, le visage empourpré, un petit paquet à la main.

Le jeune Otto court maintenant derrière le jouet qui roule par la chambre.

—Asseyez-vous donc près de moi, miss Bolton, invite Tornten ému, et montrez-moi ce que l’enfant Jésus me destine!

—Oh! bien peu de chose, répond l’Anglaise en s’exécutant.

Elle ouvre le paquet, qui laisse voir un coffret recouvert d’une soie grise sur laquelle se dessinent les armes de Tornten. Le couvercle cache, précieusement rangés, des cigares bagués d’or.

—Qui a fait cela? demande Tornten, content comme un collégien, en fermant la boîte et regardant l’écusson, cette image d’un fier coursier franchissant deux tours.

—C’est moi qui l’ai brodé pour vous.